Dossier n°11253 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

André Baccary

Année de nomination : 2008
Date de naissance : 19/07/1889
Date de décés : 07/10/1974
Profession : Instituteur

Clémence Baccary Durand

Année de nomination : 2008
Date de naissance : 24/11/1893
Date de décés : 10/08/1976
Profession : sans profession

Yvonne Guillaume Baccary

Année de nomination : 2008
Date de naissance : 18/08/1922
Date de décés : 21/11/2016
Profession : Monitrice dans la colonie de ses parents

Localisation Ville : Mairie de Montigny le Gannelon (28220)
Département : Eure-et-Loir
Région : Centre-Val de Loire

L'histoire

André et Clémence Baccary et leur fils Bruno en 1957

André Baccary était instituteur à l’école primaire de la rue Martel à Paris dans le 10ème arrondissement, où vivaient de nombreux émigrés juifs. Pour compléter ses revenus, André et sa femme Clémence, parents de trois grands garçons et une fille, accueillaient des enfants qui pour une raison quelconque, ne pouvaient rester chez leurs parents. Durant l’été, les Baccary et les enfants dont ils avaient la garde s’installaient dans leur maison de campagne dans le village of Montigny-le-Gannelon, dans le département d’Eure-et-Loir, à quelque 150 kilomètres de Paris, et leur fille Yvonne venait les aider.

En 1939, deux garçons juifs âgés de 12 ans étaient pensionnaires chez les Baccary : Pierre Canetti dont le père était veuf et Henri Bronès dont la mère était restée bloquée à New York à la déclaration de la seconde guerre mondiale.

En juillet 1942, la police française mena une rafle dans le 10ème arrondissement de Paris et tous les Juifs n’ayant pas la nationalité française furent arrêtés et déportés dans des camps de concentration. Gidalia et Simha Zavarro firent appel aux Baccary pour héberger leurs trois enfants, Roger, Edith et Renée. Devant la situation devenue extrêmement dangereuse, Monsieur Baccary décida d’emmener les cinq enfants qu’on lui avait confiés dans sa maison de Montigny, qu’il avait laissée ouverte après les vacances d’été. Sa femme et sa fille restèrent avec les enfants pendant qu’il revint enseigner à Paris, les rejoignant pendant les weekends et les vacances. Monsieur Baccary réussit à obtenir des faux papiers d’identité pour ses pupilles ce qui lui permit de les inscrire à l’école du village. D’autres parents juifs apprenant que la maison d’été était ouverte, demandèrent également à Monsieur Baccary d’y accueillir et héberger leurs enfants.

Fin 1942 et début 1943, d’autres enfants juifs arrivèrent à Montigny, dont Henri Pechtner âgé de 10 ans, Roger Friedmann âgé de 12 ans, et les trois enfants Osinski, Henri âgé de 10 ans, Albert âgé de 5 ans et le bébé Rachel. Les Baccary étaient des gens bons et généreux. Ils acceptèrent une compensation pour garder les enfants de la part des parents qui pouvaient payer, tout en continuant à héberger les jeunes enfants dont les parents ne pouvaient subvenir à leurs besoins. André Baccary, un blessé de la première guerre mondiale qui avait perdu une jambe, était très respecté par les villageois de Montigny. Il put ainsi obtenir des tickets d’alimentation grâce au secrétaire de mairie. De plus, il ouvrit son appartement de Paris aux parents Osinski ainsi qu’aux parents de Madame  Osinski, les Fidelman. Tous les enfants cachés par les Baccary furent protégés jusqu’à la Libération en août 1944.

Le 3 février 2008, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Monsieur André Baccary, à son épouse Madame Clémence Baccary et à leur fille Yvonne Guillaume le titre de Juste parmi les Nations.

Documents annexes

Invitation cérémonie Invitation cérémonie
Hommage Roger zavaro Hommage Roger Zavaro

Articles annexes




Mis à jour il y a 3 mois.