Dossier n°12635 - Juste(s)

Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)


Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Henri Malécot

Année de nomination : 2013
Date de naissance : 22/01/1919
Date de décès : 09/04/1963
Profession : Ingénieur

    Localisation Ville : Nîmes (30000)
    Département : Gard
    Région : Occitanie

    L'histoire

    Raphaël-Angelo est né en 1897 à Istanbul. Sa femme Yvonne Benezra est née en 1901 à Alexandrie en Égypte. Yvonne et Raphaël se marient à Paris en 1924. En 1925, ils ont une petite fille qu’ils prénomment Sarah. La famille est naturalisée française en 1930. Angelo possède une fabrique de bonneterie dans le 9ème arrondissement à Paris.

    En 1938, la famille quitte la capitale pour s’installer à Montpellier. Raphaël rejoint son frère César et ensemble ils travaillent dans une usine de bonneterie. Un an plus tard, ils acquièrent une fabrique du nom de Motro situé à Nîmes, soit à 50 km environ de Montpellier. Raphaël et sa famille vont s’installer à Nîmes. Ils louent un appartement de quatre pièces à la famille Malécot. Les deux familles vivent dans le même immeuble, sur le même palier. Ils développent des liens d’amitiés. Les Malécot savent que les Uziel sont juifs. Les Malécot possèdent un magasin de vente de fournitures pour parfumeurs et pour coiffeurs.

    Quand la guerre éclate, la famille Uziel est en vacances à Saint-Raphaël. Elle revient en urgence à Nîmes. Le père, Raphaël est engagé par l’armée comme fournisseur militaire. L’usine de Montpellier est réquisitionnée pour fabriquer des équipements vestimentaires pour l’armée. Pendant les deux années suivantes, la situation reste la même, Raphaël travaille la plupart du temps à Montpellier, tandis que sa femme Yvonne, gère la fabrique à Nîmes. La zone est gouvernée par Vichy et les Uziel disposent encore d’une certaine autonomie.

    Tout change en 1942 quand les Allemands franchissent la ligne de démarcation et occupent entre autres la ville de Nîmes. René Bousquet, gendre de Darquier de Pellepoix est nommé administrateur de l’usine de Nîmes.

    Le 11 novembre 1942 à l’aube, Édouard Malécot voit des troupes allemandes défiler sur le boulevard Gambetta. Il avertit leurs voisins du danger. Ils suggèrent aux Uziel de cacher tous leurs biens dans leur appartement ce qui leur permet de s’enfuir le jour même. C’est l’un de leurs fils Henri âgé de 23 ans qui les emmène à Langogne, ville où, d’après ses informations, est tenue par la résistance.

    Le soir même, les Allemands débarquent dans l’appartement des Uziel. Ils le réquisitionnent pour le transformer en logement pour officiers.

    Plusieurs mois plus tard, les Uziel changent plusieurs fois d’adresses pour échapper aux Allemands. De Langogne, ils vont à Pont de Cherville, puis à Roquebrune Cap-Martin, lieux occupés par l’armée Italienne jusqu’en 1943 pour ensuite se diriger là où ils se croient le plus en sécurité comme à Isendolus près de Gramat dans le Lot. Ils y resteront jusqu’à la libération.

    Les Malécot viennent les voir quand ils le peuvent, apportant aux Uziel une partie de leurs biens afin que ceux-ci ne manquent jamais d’argent pour survivre. A la fin de la guerre, les Uziel reviennent dans leur appartement de Nîmes. Eux et les Malécot reprendront le cours de leur amitié.

    Le 2 juillet 2013, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah a décerné à Monsieur Henri Malécot le titre de Juste parmi les Nations.

    Documents annexes

    Invitation cérémonie MalécotInvitation cérémonie Malécot

    Articles annexes