Dossier n°13480 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Yvonne Moncet

Année de nomination : 2017
Date de naissance : 19/05/1906
Date de décès : 15/03/1995
Profession : Assistante sociale
    Localisation Ville : Decazeville (12300)
    Département : Aveyron
    Région : Occitanie

    L'histoire

    Alexandre Weisz est né en 1911 à Nusfalau en Roumanie. Il émigre en France pour chercher du travail à l’âge de 19 ans. Czerna (Madeleine) Karmazyn est née en 1912 à Pabianice en Pologne. Elle vient à Paris à l’âge de 17 ans. Ils se marient en 1933. Alexandre Weisz est tailleur apiéceur, son épouse l’aide. La famille Weisz habite Faubourg Saint-Denis à Paris 10ème. Deux enfants naissent de cette union, Céline en 1934 et Jacqueline en 1935.

    Le 21 octobre 1939, Alexandre Weisz est engagé volontaire pour combattre pour la période de la guerre. Le 24 juin 1940, il est fait prisonnier à Allain (Meurthe et Moselle) et interné dans le stalag XII-E à Metz. Il programme son évasion avec un détenu politique, René Combes originaire de Mur-de-Barrez (Aveyron) et avec la complicité d’une famille allemande pour laquelle il travaillait comme tailleur. Après plusieurs jours de marche, de fatigue, de peur et de froid, ils parviennent à Mur-de-Barrez, petit village d’environ 800 habitants.

    Le Maire prend contact avec la Résistance. Yvonne Moncet, assistante sociale et ses sœurs Thérèse et Jeanne prennent en charge Alexandre Weisz. Elles lui louent une chambre dans un petit hôtel de Decazeville, rue Cayrade, lui procurent vêtements, ustensiles de cuisine et du travail dans les mines de charbon de Decazeville.

    La vie à Paris devient très difficile et très dangereuse pour Madeleine Weisz et ses filles. Yvonne Moncet vient à Paris chercher Céline et Jacqueline et les ramène en train. Madeleine Weisz emprunte un autre train. La famille est enfin réunie. Les « trois Moncettes » obtiennent du curé de faux certificats de baptême.

    Fin 1942, la famille est dénoncée. La Gestapo vient arrêter Alexandre Weisz, fort heureusement absent. La Gestapo amène Madeleine Weisz à Rodez pour un interrogatoire. Elle leur affirme que son époux est prisonnier. Elle est libérée au bout de quelques jours. Yvonne Moncet la récupère et la conduit chez elle pour lui donner des vêtements et la restaurer. Yvonne Moncet cherche de nouvelles caches. Les fillettes Weisz sont mises à l’abri dans un couvent à Asprières. Les sœurs Moncet tricotent des vêtements chauds, elles leur apportent des friandises et des cartes de rationnement.

    Les parents trouvent refuge à Campuac où le curé leur procure une vieille maison hors du village. Les villageois participent à l’installation de la famille. Les fillettes qui ont enfin rejoint leurs parents, vont à l’école et à la messe. Ils passent pour des Parisiens en quête de calme et de nourriture. Ils vivent avec de faux papiers au nom de Blanc, procurés par Yvonne Moncet. Monsieur Esquieu, tailleur à Decazeville, recommande Alexandre Weisz à Monsieur Barrié, tailleur à Campuac.

    Après la guerre, la famille Weisz regagne Decazeville où Alexandre Weisz est artisan tailleur. Jacqueline et Céline vont en pension à Rodez. En 1954, la famille regagne Paris et récupère son logement vidé de tous ses biens. Des liens affectueux unissent à jamais ces deux familles.

    Le 5 Juin 2017, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Madame Yvonne Moncet, et a souhaité exprimer sa gratitude à ses sœurs, Thérèse et Jeanne Moncet pour leur assistance et leur générosité, le titre de Juste parmi les Nations.

    Invitation cérémonieInvitation cérémonie

    Articles annexes




    Mis à jour il y a 10 mois.