Dossier n°610 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Gilles Fedi

Année de nomination : 1970
Date de naissance : //
Date de décés : 11/0001/
Profession : Gardien de la Paix, agent auxiliaire à la ville de marseille dès mars 1941

Marie Fedi

Année de nomination : 1970
Date de naissance : //
Date de décés : //
Profession : mère au foyer

Localisation Ville : Marseille (13000)
DĂ©partement : Bouches-du-RhĂ´ne
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur

L'histoire

Gilles Fedi entouré de M. & Mme Feldman le 23 février 1971 à Yad Vashem

Gilles Fedi Ă©tait officier de police Ă  Marseille. Ne faisant pas mystère de son hostilitĂ© au rĂ©gime, il fut vite dĂ©mis de ses fonctions par le gouvernement de Vichy. Gilles Fedi et sa femme firent la connaissance de la famille Feldman en Ă©tĂ© 1940 Ă  la gare de Marseille alors que les uns et les autres s’apprĂŞtaient Ă  envoyer leurs enfants en colonie de vacances. En octobre de la mĂŞme annĂ©e, Gilles Fedi se trouvait par hasard Ă  la gare lorsqu’un train arriva, rempli de Juifs du pays de Bade expulsĂ©s de l’Allemagne nazie et expĂ©diĂ©s dans les camps d’internement du sud de la France. L’un des Juifs sauta du train et tenta de fuir, poursuivi par des gendarmes français. Observant la scène, Gilles Fedi, honteux et indignĂ©, se mit Ă  courir vers les gendarmes en les invectivant. Au mois de dĂ©cembre 1942, les rumeurs concernant des arrestations massives de Juifs dans le quartier des Feldman se faisant insistantes, la famille vint demander asile aux Fedi. Gilles et Marie acceptèrent aussitĂ´t, conseillant aux Feldman de ne pas mĂŞme rentrer chez eux pour prendre quelques affaires. Comme la maison des Fedi Ă©tait trop petite pour les deux familles, Marie Fedi partit avec ses enfants Ă  la campagne, laissant son foyer aux Feldman et Ă  leurs deux enfants jusqu’Ă  la LibĂ©ration. Gilles Fedi, sans travail, n’avait aucun revenu Ă  cette Ă©poque; il trouva pourtant moyen d’aider les Feldman. Marie Fedi venait aussi les voir rĂ©gulièrement. Feldman, qui appartenait Ă  un rĂ©seau clandestin, convainquit Fedi de se joindre Ă  lui; la maison accueillit plus d’un Juif en attente d’une cachette permanente. Catholiques pratiquants, Gilles et Marie Fedi n’Ă©taient motivĂ©s que par leur foi et leur altruisme.

Le 1er dĂ©cembre 1970, Yad Vashem – Institut International pour la MĂ©moire de la Shoah, a dĂ©cernĂ© Ă  Marie et Gilles Fedi le titre de Juste parmi les Nations.

Exposition: Désobéir pour sauver

remise du diplôme le 23 février 1971 à Yad Vashem

 




Mis Ă  jour il y a 8 mois.