Dossier n°6156 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Daisy Lanier Marella

Année de nomination : 1994
Date de naissance : 28/06/1915
Date de décés : //
Profession : Femme au foyer

Roger Lanier

Année de nomination : 1994
Date de naissance : 07/03/1913
Date de décés : //
Profession : Officier de police

Localisation Ville : Courbevoie (92400)
Département : Hauts-de-Seine
Région : Ile-de-France

L'histoire

Isaac et Sora Taklender, des Juifs originaires de Pologne réfugiés en France dans les années trente, s’étaient rencontrés et mariés à Paris en 1939. Ni l’un ni l’autre n’avait la nationalité française. Ils travaillaient dans la confection. Pendant les deux premières années de l’occupation allemande, chaque fois que le bruit courait qu’une rafle était imminente, Isaac et Sora allaient se cacher, avec d’autres Juifs, dans la cave d’un immeuble voisin. Ils y restaient parfois plusieurs jours, jusqu’à ce que le danger soit écarté. L’un de leurs voisins, ému par leur situation dramatique, fit appel à son neveu, Roger Lanier, un officier de police. Le 16 juillet 1942, jour de la grande rafle des Juifs parisiens, Roger arriva très tôt le matin chez les Taklender et leur dit de le suivre tout de suite, sans même prendre le temps de préparer une valise. Lorsque les policiers se présentèrent à leur domicile pour les arrêter, ils étaient déjà à Courbevoie, dans la banlieue nord de Paris. C’est là que vivaient les Lanier. Roger, sa femme Daisy et leur petit garçon occupaient le premier étage de l’immeuble; la vieille mère de l’officier de police habitait au troisième. Les locataires du second étage étaient partis dans le sud de la France au début de la guerre, confiant leur clé à Mme Lanier. Elle avait accepté d’aérer l’appartement de temps en temps, et l’utilisa parfois comme cachette, mais seulement de manière exceptionnelle. Les Taklender demeurèrent chez leurs sauveurs, à Courbevoie, jusqu’à la Libération en août 1944. Les Lanier prenaient ainsi d’énormes risques : Roger aurait perdu son poste et aurait certainement été lui-même arrêté si les fugitifs avaient été découverts. Au bout de quelques mois, conscients du danger que leur présence représentait pour leurs hôtes, Isaac et Sora décidèrent de rentrer à Paris. Roger ne voulut rien entendre. Les Taklander continuaient à confectionner des vêtements; Daisy Lanier, qui attendait un second bébé, se chargeait d’aller les livrer à Paris. C’était un dur labeur, mais les réfugiés pouvaient ainsi gagner un peu d’argent et payer leur écot. Leur présence chez les Lanier était gardée secrète. Lorsque leurs hôtes avaient des visiteurs, les Taklender montaient se cacher dans l’appartement du second étage. L’inspecteur de police prévenait quand il le pouvait, d’autres Juifs parisiens menacés d’arrestation, et allait jusqu’à leur leur apporter parfois un peu de ravitaillement dans leurs cachettes. Après la guerre, la famille Taklander resta très liée avec ses sauveteurs. En été 1945, Sora avait eu une petite fille : l’enfant appelait Roger et Daisy « tonton » et « tata », leur rendait visite pendant les vacances scolaires et continua à les voir, eux et leurs enfants, après la mort de ses propres parents.

Le 12 juin 1994, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah,  a décerné à Roger et Daisy Lanier le titre de Juste parmi les Nations. 

Roger LANIER en gardien de la Paix un peu avant la guerre

Roger LANIER en gardien de la Paix un peu avant la guerre

Le témoignage

Né le 7 mars 1913 à Courbevoie (Hauts-de-Seine). Roger LANIER est officier de police et habite au premier étage d’un immeuble à Courbevoie avec sa femme Daisy et leur fils. Le troisième étage est occupé par la mère de Roger. Les propriétaires du second sont passés en zone libre et ont confié leur clé à Daisy. Le 15 juillet 1942, la veille de la grande rafle du Vel d’Hiv, il vient chercher en catastrophe Isaac et Sora TAKLENDER, réfugiés Juifs polonais, et les cache chez lui jusqu’à la Libération de Paris. L’appartement du 2ème étage servant de cache en cas de visite. Isaac Taklender confectionne des vêtements que Daisy va livrer elle-même sur Paris. Roger Lanier prévient quand il le peut, de nombreux Juifs parisiens et leur procure parfois des provisions dans leur cachette.

Roger et Daisy Lanier avec les personnes sauvées le couple Sora et Isaac Taklender

Roger et Daisy Lanier avec les personnes sauvées le couple Sora et Isaac Taklender

Exposition: Désobéir pour sauver

Documents annexes

Invitation cérémonie
Dossier 6156 - Lanier; Articles de presse Dossier 6156 – Lanier; Articles de presse

Articles annexes




Mis à jour il y a 6 mois.