Dossier n°7185 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Marguerite (Farges) Lajugie

Année de nomination : 1996
Date de naissance : 12/09/1918
Date de décès : 01/06/2009
Profession : Institutrice en école maternelle
    Localisation Ville : Bordeaux (33000)
    Département : Gironde
    Région : Nouvelle-Aquitaine

    L'histoire

    En 1939, Aaron Cyrulnik, d’origine polonaise, s’engage dans la Légion étrangère. Lui et son épouse ne sont pas encore naturalisés français, bien qu’Aaron, ouvrier ébéniste, se soit porté volontaire dès le début de la guerre.

    En 1941, son épouse, Nadia Smulewicz, décide de placer leur fils Boris, né en 1937, dans une pension agréée par la Préfecture à Villenave-d’Ornon, dont elle règle plusieurs mois de pension à l’avance. Lorsque les fonds viennent à manquer, la directrice confie alors Boris à l’Assistance publique.

    Marguerite Farges, âgée de vingt-trois ans en 1942, est l’institutrice du petit Boris Cyrulnik à Bordeaux, rue du Pas-Saint-Georges, en Gironde. Née à Bourg-en-Bresse, où son père était inspecteur de l’enseignement primaire et sa mère institutrice, elle suit les traces de ses parents et arrive à Bordeaux en 1930 pour y enseigner.

    Dans la nuit du 15 au 16 juillet 1942, lors de la première grande rafle des Juifs étrangers à Bordeaux, les parents de Boris sont arrêtés. Des voisins du couple Cyrulnik préviennent alors Marguerite qui lui confient Boris. Nadia est déportée sans savoir que son fils est désormais en sécurité auprès de son institutrice. Quant à Aaron, grièvement blessé au front, il a été transféré à l’hôpital Saint-André, où il demeure quelque temps. Marguerite lui rend visite et lui promet de veiller sur Boris. Aaron sera toutefois déporté à son tour.

    Marguerite recueille Boris à son domicile, au 10 rue Adrien-Baysselance à Bordeaux, puis le confie à ses parents en lui demandant de se faire appeler Jean Laborde. Mais, dans la nuit du 25 au 26 janvier 1944, alors que Marguerite est en poste à Coutras, Boris est arrêté lors d’une importante rafle menée par l’armée allemande et la Gestapo contre les Juifs de Bordeaux. Avec les autres personnes arrêtées, il est rassemblé dans la synagogue de la ville, d’où tous doivent être déportés.

    Grâce à une infirmière de la Croix-Rouge chargée du transport des prisonniers malades vers la gare Saint-Jean, qui le reconnaît et le cache dans son ambulance, Boris échappe une seconde fois à la déportation. Il n’a alors que six ans. L’infirmière le confie à l’Association générale des étudiants, où Marguerite vient le récupérer afin de le cacher à nouveau pendant plusieurs mois.

    Grâce à l’intervention du frère de Marguerite, Camille, alors inspecteur adjoint de l’Assistance publique, Boris est inscrit comme pupille de l’État. Il peut ainsi gagner la zone libre et y rester caché jusqu’à la Libération.

    Un jour, Dora Smulewicz, la tante de Boris, se présente chez Marguerite. Elle vient chercher son neveu pour l’emmener à Paris, auprès de sa famille maternelle, qui a échappé aux rafles.

    Boris Cyrulnik devient par la suite médecin, spécialisé en neuropsychiatrie. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des pionniers de l’éthologie humaine. Marguerite, quant à elle, se marie et a deux enfants. Tous deux resteront en contact tout au long de leur vie.

     

    Le 10 juin 1996, Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah, a décerné à Marguerite Lajugie-Farges le titre de Juste parmi les Nations.

     

     

    Documents annexes

    Article de presse du 15/07/1197
    Dossier 7185 – Lajugies; Articles de presse

    Articles annexes




    Mis à jour il y a 1 semaine.