Dossier n°8483 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1999

Berthe Fournier Albert

Année de nomination : 1999
Date de naissance : 21/08/1907
Date de décés : //
Profession :

Localisation Ville : Salviac (46340)
DĂ©partement : Lot
RĂ©gion : Occitanie

L'histoire

A Salviac (Lot) en octobre 1941, une jeune veuve, Berthe Fournier loua deux pièces de sa maison Ă  des rĂ©fugiĂ©s juifs de Paris, Joseph et Pauline Sirota et leur fille Elisabeth, âgĂ©e de 3 ans. A Salviac Ă©galement, mais dans le hameau dit Pech Curet, s’était Ă©tabli un an plus tĂ´t un jeune couple parisien, le plombier Pierre Leglaive et son Ă©pouse Raymonde. StimulĂ©s par le slogan du « retour Ă  la terre » du MarĂ©chal PĂ©tain, ils avaient entrepris la remise Ă  flot d’une exploitation agricole abandonnĂ©e. Les exilĂ©s de Paris eurent vite fait de se repĂ©rer l’un l’autre Ă  Salviac et un solide lien d’amitiĂ© se dĂ©veloppa entre les familles Leglaive et Sirota. En aoĂ»t 1942, Berthe Fournier au cours d’un voyage Ă  Paris rendit visite Ă  la mère de sa locataire Pauline. LittĂ©ralement choquĂ©e par l’état de dĂ©tresse, de malnutrition et d’insĂ©curitĂ© de cette famille juive, elle dĂ©cida d’emmener Ă  Salviac Gisèle Cahen, 14 ans, la demi-sĹ“ur de Pauline. Non sans bravoure, bien que tremblante de peur, elle franchit avec l’adolescente juive dĂ©munie de laissez-passer le contrĂ´le Ă  la ligne de dĂ©marcation. Puis, en mars 1944, presque tous les Juifs encore Ă  Salviac furent raflĂ©s au cours d’une opĂ©ration de police allemande. Joseph Sirota travaillait chez Alsthom, sur le chantier d’électrification de la ligne SNCF et, ce jour-lĂ , il fut Ă©pargnĂ©, ainsi que sa famille, tandis que leurs proches Ă©taient victimes de cette vague d’arrestations et de dĂ©portations. Au cours de la nuit suivante, Pierre Leglaive vint discrètement chez Berthe Fournier et amena chez lui les quatre rĂ©fugiĂ©s juifs. Raymonde, sa femme, venait de mettre au monde son troisième bĂ©bĂ© – le couple Leglaive eut 14 enfants. A Pech Curet, chacun se rendait utile, prenait sa part des travaux mĂ©nagers et des soins aux tout-petits. Elisabeth Sirota cependant fut mise en pension auprès d’une famille de la localitĂ©. Ses parents ne lui rendaient visite qu’après la tombĂ©e de la nuit. La situation dans le secteur devenait de plus en plus critique, surtout Ă  partir du 6 juin 1944, lorsque les troupes SS en retraite se mirent Ă  incendier les fermes et villages oĂą ils dĂ©couvraient des Juifs ou des maquisards. Aucun des Sirota ne sortait pendant le jour, et il en fut ainsi jusqu’Ă  la LibĂ©ration. Quand elle Ă©voque son dramatique passage de la ligne de dĂ©marcation avec Berthe Naulin (son nom depuis son remariage), Gisèle dit : « Depuis ce jour je l’appelle « maman Betty », car comme Ă  ma mère je lui dois la vie ». Quant Ă  Pauline, après sa retraite et son veuvage, elle s’est Ă©tablie Ă  Salviac, auprès de ses sauveurs, qui sont devenus pour elle une seconde famille.

Le 3 mai 1999, l’Institut Yad Vashem de JĂ©rusalem a dĂ©cernĂ© Ă  Berthe Fournier (Naulin) et Ă  Pierre et Raymonde Leglaive le titre de Juste parmi les Nations.

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