Dossier n°9106 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Charles Collenot

Année de nomination : 2002
Date de naissance : 07/04/1888
Date de décés : 05/01/1961
Profession : Entrepreneur de travaux publics

Localisation Ville : Paris (75012)
DĂ©partement : Paris
RĂ©gion : Ile-de-France

Lieu de mémoire

L'histoire

Charles Collenot en 1931

Charles Collenot avait pour voisin à Paris une famille juive, les Goldberg. Ancien combattant de la Guerre de 1914-1918, il fut le premier soldat de deuxième classe décoré de la Légion d’Honneur pour fait de guerre, décoration qu’il reçut sur le front des mains du président Poincaré. Dans le civil, il était employé comme simple garde au musée du Louvre où il travailla jusqu’à sa retraite. Sous l’Occupation, il contribua au sauvetage de nombreuses œuvres du patrimoine national. Mais il se distingua plus particulièrement dans le sauvetage de vies humaines. Dès la promulgation du premier statut des Juifs, Charles vint spontanément proposer aux Goldberg de donner à leur fils Michel, 3 ans, l’identité de son petit-fils, Jean Collenot, qui avait à peu près le même âge. En 1941, avec les premières vagues d’arrestation de Juifs, Charles mit à la disposition des Goldberg une petite maison qu’il possédait à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne. Mais Saint-Maur étant trop proche de Paris, Charles, originaire de Bourgogne où il comptait parents et amis, obtint pour eux la disposition d’une petite maison à Précy-sous-Thil (Côte d’Or) et les aida à y parvenir. Grâce à ses relations, le couple Goldberg put gagner sa vie en participant aux travaux agricoles.

Ils y restèrent jusqu’en fin 1942, date à laquelle ils décidèrent de s’installer à Lyon. Quand les autorités vinrent confisquer leurs biens et poser les scellés sur leur appartement de Paris, Charles eut le temps de récupérer quelques-uns de leurs meubles qu’il entreposa chez lui, condamnant ainsi l’usage d’une de ses trois pièces. Il les rendit à leurs propriétaires légitimes à leur retour à Paris en 1947. Pour éviter d’éveiller les soupçons, il limita les visites à son appartement et ne dévoila ses activités à quiconque. Sa femme et sa fille unique, mariée à un résistant, n’avaient même pas été informées bien qu’ayant des doutes sur la situation. La décision de s’installer à Lyon eut des conséquences tragiques pour M. Goldberg, arrêté et mort en déportation. Mais Michel et sa mère survécurent grâce à l’aide généreuse et désintéressée de Charles avec lequel ils maintinrent des liens constants jusqu’à son décès en 1961.

Le 14 avril 2002, Yad Vashem – Institut International pour la MĂ©moire de la Shoah, a dĂ©cernĂ© Ă  Charles Collenot le titre de Juste parmi les Nations.

Le témoignage

En 1940, les Ă©poux GOLDBERG habitent avec leur fils Michel, âgĂ© de 2 ans, 71, avenue Ledru Rollin, Ă  Paris 12ème. Peu après la promulgation du statut des Juifs, leur voisin, Charles COLLENOT, hĂ©ros de la première guerre mondiale, vient spontanĂ©ment leur proposer de donner Ă  Michel l’identitĂ© de son propre fils, Jean, du mĂŞme âge.

Mais les parents GOLDBERG restent très menacĂ©s. Après leur avoir prĂŞtĂ© sa maison de Saint Maur, Charles COLLENOT se met donc en quĂŞte d’un refuge sĂ»r dans sa Bourgogne d’origine. Ainsi les GOLDBERG font le voyage vers PrĂ©cy-sous-Thil, en CĂ´te d’Or. LĂ , ils parviennent Ă  se fondre dans le paysage local.

Pourtant, la question des identitĂ©s n’Ă©tant toujours pas rĂ©glĂ©e, les contrĂ´les Ă©taient toujours Ă  craindre. Fin 1942, M. GOLDBERG part Ă  Lyon Ă  la suite de contacts prometteurs pour obtenir ces fameux papiers. Malheureusement, cette dĂ©cision lui fut fatale. Madame GOLDBERG et son fils Michel sont, eux, restĂ©s dans leur refuge bourguignon.

Pendant ce temps, Ă  Paris, Charles COLLENOT prend soin de vider l’appartement des GOLDBERG de ses biens les plus importants. Il les stockera chez lui jusqu’Ă  la LibĂ©ration oĂą ils seront tous rendus Ă  leur propriĂ©taire.

Modeste gardien au Musée du Louvre, Charles COLLENOT a, au risque de sa vie, sauvé celle de Michel et de sa maman.

Documents annexes

Article de presse - Le journal des communes du 14 -11-1997 Article de presse – Le journal des communes du 14 -11-1997
Article de presse Article de presse

 




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