Des milliers de places vides d’Alain Wagneur

auteur : Alain Wagneur
édition : Actes Sud
date de sortie : octobre 2014
genre : Historique, guerre, enquête

A Paris, le vendredi 2 octobre 1942, a eu lieu la rentrée des classes. A l’école élémentaire des Hospitalières-Saint-Gervais  (4e arrondissement), le directeur de l’école, Joseph Migneret, accueillit 4 élèves. Les 165 autres enfants qu’accueillait l’école ont été déportés à Auschwitz avec leurs parents durant cet été 1942.

Nombreux ont été les écoliers et les professeurs touchés par l’opération « Vent printanier » ; une rafle à grande échelle organisée par le régime nazi dans plusieurs pays européens. A Paris, on nommera Rafle du Vel d’Hiv l’arrestation de 13 152 Juifs dont 4 115 enfants le 16 juillet 1942.

Dans son livre, Des milliers de places vides, Alain Wagneur narre son enquête sur les comptes rendus des conseils des maîtres, les registres d’inscriptions et les circulaires administratives de l’époque, comment ses collègues avaient réagi face aux lois antijuives et à l’arrestation de leurs élèves.

 « Modeste directeur d’école élémentaire et auteur de romans policiers », comme il se plait à le dire, il a fait de nombreuses recherches dans les archives nationales et retrace, grâce à celles-ci, toutes les mesures antisémites mises en place dans les écoles par le régime nazi dans cette France occupée.

« En juin 1942, des élèves vinrent pour la première fois à l’école avec, sur la poitrine, à la droite du cœur, une étoile jaune cousue et marquée  JUIF ».

Son livre est également marqué par des rencontres comme celle de Frida Wattenberg qui dirigeait un patronage de l’OSE (Organisation de secours aux enfants) et qui emmenait les enfants jouer dans une gravière parce que tout leur était interdit, les parcs, les squares (interdits aux chiens et aux Juifs), les bois de Vincennes et de Boulogne.

Des milliers de places vides est donc un ouvrage qui rassemble un grand nombres de documents sur l’école, les instituteurs, les élèves, les mesures prises de 1940 à 1944, la résistance, les actes de bravoure et de compassion de personnes reconnues aujourd’hui Justes parmi les Nations. A tort classé dans la catégorie « roman », ce livre ne retrace pas l’histoire  fictive d’un ou plusieurs personnages principaux mais plutôt des faits, aussi inhumains que charitables, qu’à connu durant le Seconde Guerre mondiale cette merveilleuse institution qu’est l’école.