Le projet "Aladin"



Détail de photo figurant sur le nouveau site Aladin (Ph. CDJC / DR).

"Nous affirmons, au-delà de toute considération politique, 
notre volonté de défendre la vérité historique 
car aucune paix ne se construit sur le mensonge."
Appel de 200 personnalités soutenant le Projet Aladin.

 

Présentation du Projet par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah :

- "Lancé le 27 mars 2009 sous le patronage de l’UNESCO et initié par la FMS, le Projet Aladin est un programme éducatif et culturel indépendant. Soutenu par de nombreuses personnalités parmi lesquelles plus de 200 intellectuels, historiens et personnalités de premier plan du monde arabo-musulman, il vise à rendre disponibles en arabe, en persan et en turc des informations objectives sur la Shoah, les relations judéo-musulmanes et la culture juive.

Le Projet Aladin est né d’un constat accablant concernant la prolifération du négationnisme dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Face à cette déferlante, il est très difficile de trouver des informations historiquement fiables sur la Shoah que ce soit en arabe, en persan ou en turc. Le Projet Aladin veut pallier ce manque et favoriser un dialogue fondé sur la connaissance et le respect mutuels. Commun à de nombreuses langues, le mot Aladin est un trait d’union entre les cultures. Il symbolise également les lumières de la connaissance.

Le Projet Aladin est placé sous le parrainage de :
M. Jacques Chirac, ancien Président de la République française, Président de la Fondation Chirac,
SAR Prince El Hassan ben Talal de Jordanie,
M. Gerhard Schröder, ancien Chancelier de la République fédérale d’Allemagne,
M. Ely Ould Mohamed Vall, ancien Chef d’État de Mauritanie,
M. Abdurrahman Wahid, ancien Président de la République d’Indonésie.

Photo : David de Rothschild qui a succédé à Simone Veil à la Présidence de la FMS (DR).

 

David de Rothschild, président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah :

- "Face à la déferlante négationniste (...) issue notamment de certaines sphères limitées mais influentes du monde arabo-musulman, nous avons décidé de réagir en palliant d'abord le manque d'informations historiquement fiables sur la Shoah, que ce soit en arabe, en persan ou en turc".

 

Anne-Marie Revcolevschi, Directrice de la Fondation :

- "La Fondation a constaté que les sites sur le négationnisme de la Shoah en arabe et en persan proliféraient et que, à la suite des déclarations du président iranien et des caricatures de Mahomet, il ne s'agissait plus simplement d'un instrument de délégitimation de l'Etat d'Israël (…)
Sur notre site, nous relatons aussi l'histoire des relations judéo-musulmanes qui n'ont pas toujours été des relations de conflit. Comme il n'y a plus ou presque plus de juifs dans les pays arabo-musulmans, les jeunes générations souvent ne connaissent rien sur ces communautés qui étaient très proches. Le site s'adapte aux différentes histoires selon les trois langues utilisées (arabe, farsi et turc) de façon très pédagogique. 
La bibliothèque sera aussi réciproque : des oeuvres du monde arabo-musulman seront également traduites dans des langues occidentales."

 

Le Projet s'articule autour d'un Site internet et d'une Bibliothèque.

Page d'accueil du site informatif en 5 langues

Disponible en arabe, persan, turc, anglais et français, ce site présente :
- L’histoire de la Shoah.
- Une introduction à la culture juive, à l’histoire du peuple juif et au judaïsme.
- L’histoire des relations entre les Musulmans et les Juifs au cours des siècles passés jusqu’à nos jours en évoquant les périodes de coexistence harmonieuse et conflictuelle.

Sur ce site, parmi les "voix et visages" décrivant de l'intérieur la Shoah, figure Paul Schaffer, Président du Comité Français pour Yad Vashem. 
Son témoignage est filmé avec une sobriété qui ne le rend que plus impressionnant. Pour le visionner, cliquer : ICI . Il est introduit par ces quelques précisions :

- "Né et élevé à Vienne, Paul Schaffer a vécu une enfance heureuse, entouré de sa sœur, ses parents et sa grand-mère. Sa vie change brutalement avec l'occupation de Vienne par les nazis et l'annexion de l'Autriche. Il découvre les humiliations, les persécutions et s'exile une première fois avec sa famille en Belgique.En mai 1940, les Allemands attaquent la France par la Belgique et la Hollande. La famille Schaffer décide de quitter Bruxelles et se rend à Revel, un village du Sud-Ouest de la France, non loin de Toulouse. 
La vie s'organise peu à peu : Paul, qui ne va plus à l'école, s'occupe du jardinage, effectue divers travaux domestiques et apprend le métier d'ébéniste. A la fin de l'année 1940, les Schaffer sont « invités » à rejoindre « un camp de famille », le camp d'internement d'Agde, essentiellement composé de Juifs réfugiés d'Allemagne et d'Autriche. Une amie de la famille, habitante de Revel, use de son influence auprès de la préfecture, permettant ainsi à la famille de quitter le camp pour être assignée en résidence surveillée. 
Les Schaffer, peu informés, ne cherchent pas à quitter la France et ne se doutent pas du sort qui les attend. A la suite de la rafle du Vel' d'Hiv', les Allemands font pression sur Laval, alors à la tête du gouvernement de Vichy, pour que les Juifs étrangers de la zone Sud soient ajoutés à la liste des déportations. C'est ainsi que Paul est arrêté le 26 août 1942. Sur les murs du camp de Drancy, où il reste quelque jours, il relève plusieurs inscriptions gravées par des déportés qui le marqueront à jamais : 
« Lorsqu'il n'y a plus rien à espérer, c'est là qu'il ne faut pas désespérer » 
et une autre assertion tragique :
« on entre, on crie et c'est la vie ; on crie, on sort et c'est la mort ».


Photo : Paul Schaffer (Site Aladin / DR).

 

- "Le 4 septembre 1942, par le convoi 28, Paul est déporté à Auschwitz avec sa mère et sa sœur qui sont gazées dès leur arrivée. Il échappe à ce sort : il est interné dans deux camps de travaux forcés, satellites d'Auschwitz : Tarnovitz, puis Schoppinitz, avant de rejoindre Birkenau en novembre 1943. C'est là qu'il se trouve confronté à la réalité de l'extermination..."

Quant à la bibliothèque numérique, elle rassemble pour la première fois en arabe et en persan des livres traitant de l’histoire de la Shoah, comme :
Si c’est un homme de Primo Levi 
et 
Le Journal d’Anne Frank
jusqu’alors indisponibles dans ces langues.
Les livres peuvent être téléchargés gratuitement ; une version imprimée traditionnelle est également disponible. 
Réciproquement, des traductions d’ouvrages de référence écrits en arabe et en persan sont en projet.


Page d'accueil de la Bibliothèque numérique

 

 

200 personnalités de 30 pays soutiennent déjà ce Projet Aladin.Elles ont lancé un appel qui pourrait se résumer par ces lignes :

- "Nous affirmons, au-delà de toute considération politique, notre volonté de défendre la vérité historique car aucune paix ne se construit sur le mensonge. La Shoah est un fait historique : le génocide au cours duquel 6 millions de Juifs d'Europe ont été exterminés", indique l'appel qui souligne "sa portée universelle".
Affirmant "la volonté commune de favoriser un dialogue sincère, ouvert et fraternel", l'appel dit aussi "clairement que les Israéliens et les Palestiniens ont droit à leur Etat, leur souveraineté et leur sécurité et qu'il convient d'appuyer tout processus de paix ayant de telles visées".

Ce 27 mars, lors de la Conférence de lancement du Projet Aladin, Jacques Chirac exprima ces paroles fortes :

- "Le drame de la Shoah interdit l’oubli. Il impose la pudeur. Il fait exploser la colère au coeur de chaque homme de bonne volonté, lorsque la Shoah est contestée..."
Il ne s’agit pas de "faire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n’est pas la leur"… mais il est important "de faire connaître la Shoah, pour la faire sortir du silence que l’on a fabriqué autour d’elle dans beaucoup de pays… Evoquer la Shoah risquait de susciter dans ces pays un sentiment de sympathie pour les Juifs et l’existence d’Israël. Alors, on l’a cachée...

Nul pays, nulle culture ne sont immunisés contre la tentation du génocide... Nous ne devons jamais accepter comme démocratiques les partis qui propagent la haine. L’accord trouvé entre libéraux, démocrates chrétiens, socialistes et communistes dans l’après-guerre pour rejeter les partis de la haine doit être considéré comme un acquis définitif de la démocratie européenne."