"Juste parmi les Nations", Max Arbez est le jurassien de l'année 2013

Du 02/01/2014

 


Pour ses descendants, ce vote vient clore une année très riche en émotion.

 


 

Famille Arbez

« Nous sommes très heureux et très touchés par le vote de vos lecteurs que nous remercions. C’est un bel hommage qui est rendu au patriarche de notre famille et une belle façon de le faire revivre (ndlr : Max Arbez né le 2 décembre 1901 est décédé le 28 mars 1992). C’est une véritable reconnaissance des Jurassiens pour ce qu’il a fait, et un message pour les jeunes, afin qu’ils sachent que des gens se sont donnés pour les autres. Dès que vous avez publié le tableau pour élire le jurassien de l’année, cela a suscité des réactions. Des douaniers sont venus pour nous prévenir. Des gens nous ont dit combien ils étaient fiers pour nous… C’est très touchant ».
Ce dimanche alors que la neige tombe à gros flocons, faisant la joie des touristes venant de tous horizons et de tous pays, quatre des sept enfants de Max et Angèle Arbez sont réunis à l’hôtel-restaurant de la Cure aux Rousses, dans ce lieu-même où « le Papi » a, durant la deuxième guerre mondiale, permis à 450 personnes (dont de nombreux juifs) de franchir la frontière franco-suisse ou la ligne de démarcation. Des faits et un courage qui ont été honorés le 6 octobre dernier lors d’une émouvante cérémonie, durant laquelle Angèle Arbez (âgée de 103 ans) a reçu à titre posthume pour son mari la médaille de « Juste parmi les Nations » des mains de Rachel Feinmesser, ministre aux affaires politiques à l’ambassade d’Israël à Paris. Une médaille décernée par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé les juifs sous l’Occupation au péril de leur vie.

Max Arbez Un arbre à Jérusalem

« Homme de l’ombre, généreux et très discret, il aurait sûrement été très gêné, car il fuyait les honneurs. Et pourtant cela a dû être incroyable de vivre au quotidien dans la crainte, la terreur. Lorsqu’il emmenait des gens, il passait devant des maisons et il aurait pu être dénoncé. Mais il nous disait toujours qu’il était né sous une bonne étoile », glisse l’un des fils Arbez, alors que les souvenirs reviennent à la surface parmi les membres de cette fratrie très unie, accompagnée d’amis proches. Ils évoquent alors Claudius Chevassus, de la Darbella qui accueillait les familles avant qu’elles soient dirigées vers Max Arbez. « Il a été arrêté, torturé et déporté, mais il n’a jamais rien dit…». « Le Papi a toujours eu peur qu’une nouvelle guerre éclate et il faisait des provisions ». « Il a toujours veillé à protéger la famille…». Et l’hommage ne s’arrêtera pas là, puisqu’en 2014, plusieurs membres de la famille Arbez se rendront à Jérusalem où un arbre sera planté au nom de Max Arbez, dans un jardin du souvenir.

Monique Henriet