Lézat-sur-Lèze. Trois Justes enfin dans la lumière

Du 19/11/2013

 

 

 

 

Les trois filles du couple Bonnet./Photo DDM.

La jeune génération ne doit jamais oublier les heures sombres que la France a vécues et au milieu des commémorations à date fixe, le devoir de mémoire se décline aussi à travers certains actes comme ceux attribués aux Justes.

Ainsi une cérémonie en l’honneur d’une famille de Justes revêtait, des dizaines d’années après, une émotion bien palpable. Et c’est parce que Madeleine Géraud est Lézatoise depuis plus de cinquante ans que Jean-Claude Courneil, maire de la commune, avec son conseil municipal, a décidé cette célébration. Avec ses deux sœurs, Elise Dumas et Germaine Lourde, Madeleine Géraud recevait en présence des élus, des proches et de la famille la médaille de la ville. Mais c’est le 9 octobre, à Cintegabelle, qu’officiellement les trois sœurs recevaient des mains de Barnéa Hassid, consul général d’Israël, la médaille et le diplôme des Justes parmi les nations à titre posthume pour leurs parents, Marie et Jean-Bernard Bonnet.

A Toulouse, en 1942, pendant l’Occupation, Salomon Bouadana et Hélène, son épouse, décident de protéger leurs enfants en les cachant séparément. Ils font la connaissance du couple Bonnet, agriculteur à Cintegabelle, qui accepte de prendre leur fille Arlette dans le foyer. Pendant trois ans, jusqu’en mars 1945, la jeune fille sera intégrée comme le quatrième enfant, étant officiellement une petite cousine. Scolarisée à l’école des Baccarets, elle mènera une existence normale bien que la menace d’être découvert ou dénoncé pèse sur le couple Bonnet. «Il nous a paru évident de mettre en lumière ces actes de courage et d’humanité dont ont fait preuve les membres de la famille de Madeleine, Elise et Germaine à l’égard d’Arlette Bouadana, souligne Jean-Claude Courneil. Dans cette période trouble, où la délation était de mise, la discrétion de tout l’entourage, y compris des voisins, a rendu possible cette célébration.»

Malheureusement, un peu souffrante, Arlette, aujourd’hui âgée de 76 ans et vivant à Toulouse, n’a pu assister à la cérémonie.

Les noms de Marie et Jean-Bernard Bonnet seront inscrits sur le mur d’honneur du jardin des Justes parmi les nations de Yad Vashem, à Jérusalem, mais aussi à Paris, dans l’allée des Justes, près du mémorial de la Shoah.