Rostrenen - Deux Rostrenoises distinguées

Du 05/11/2015

 

 

 

 

Le 17 février prochain, deux Rostrenoises, Francine Girot-Jégou et Cézarine Le Floc'h-Rosemberg, deviendront, à titre posthume « Justes parmi les nations » pour avoir aidé deux petites réfugiées juives pendant l'occupation.
De gauche à droite, le 28 avril 2013, Marcelle Girot, devenue Mme Bourse, de Rostrenen, fille de Francine Girot-Jégou, qui recevra le titre attribué à sa mère ; Liliane dite Lili, l'une des jumelles, et son cousin Paul Thomas, venu lui aussi à Rostrenen a

 

Sont désignées, « Juste parmi les nations », les personnes qui ont protégé des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un titre, délivré par la commission israélienne de Yad Vashem. Cette distinction est la plus haute attribuée par l'État d'Israël et ils sont 3.853 à l'avoir reçu en France. Des jumelles à protéger C'est suite à une « bouteille à la mer » et à un article paru dans Le Télégramme, en 2004, retrouvés par la Fédération des anciens combattants de Saint-Brieuc, que cette reconnaissance pour deux Rostrenoises a pris forme. Cet article relatait la protection et l'éducation pendant l'occupation nazie de deux petites jumelles juives, à Rostrenen : Liliane et Françoise, qui n'avaient que 3 ans à leur arrivée. Une absolue discrétion Cézarine Le Floc'h, Rostrenoise, mariée à l'époque à Julien Rosemberg, un fourreur parisien, était venue avec son mari, en 1941, se réfugier à Rostrenen, dans une petite maison située rue de La Marne. Quelque temps après, celle-ci dut repartir à Paris pour régler ses affaires et, de façon très courageuse, elle « récupéra » les deux petites jumelles restées cachées chez la concierge de l'immeuble à Paris. De retour à Rostrenen, la protection des enfants s'était organisée entre trois femmes qui ont su être discrètes malgré les risques : Cézarine Le Floch'-Rosemberg, Francine Girot-Jégou, qui tenait un bar dans la même rue, et la directrice de l'école publique, Mme Le Goff. Le risque était important. D'ailleurs, ulien Rosemberg fut dénoncé et n'est par revenu de déportation. Quant à Auguste Girot, mari de Francine et résistant, il sera lui aussi arrêté et mourra en camp. Retrouvailles en 2013 La « bouteille à la mer » eut comme première conclusion des retrouvailles, le 28 avril 2013, à Rostrenen, de Liliane, une des deux jumelles, des enfants de Cézarine et de la fille de Francine, Marcelle Girot. Élève elle-même à l'école publique de Rostrenen, elle se souvenait très bien des deux petites filles. Ces retrouvailles avaient été relatées dans notre édition du 29 avril 2013. Noms gravés à Jérusalem Dimanche 17 janvier prochain, a Rostrenen, le préfet des Côtes-d'Armor et un représentant du Gouvernement israélien, remettront en personne, médailles et diplômes, à titre posthume, à Cézarine et Francine, qui attestent de la reconnaissance des deux femmes au titre de « Justes parmi les Nations ». Leurs noms figureront dorénavant sur le mur d'honneur du Jardin des « Justes parmi les Nations », de Yad Vashem, à Jérusalem. Les titres seront remis à Marcelle Girot, fille de Francine et Paul Thomas, neveu de Cézarine.