Saint-Etienne : deux femmes méconnues ont sauvé près de 200 juifs pendant la dernière guerre

Du 28/04/2019

 

 

 

 

Marinette Guy et Juliette Vidal ont sauvé pendant la seconde guerre mondiale près de 200 mères et enfants juifs. Elles ont été reconnues Justes parmi les nations par l’état d’Israël en 1969. Un cas meconnu révélé à l'occasion de la Journée du souvenir des Marinette Guy et Juliette Vidal ont sauvé pendant la seconde guerre mondiale près de 200 mères et enfants juifs. Elles ont été reconnues Justes parmi les nations par l’état d’Israël en 1969. Un cas meconnu révélé à l'occasion de la Journée du souvenir des victimes de la déportation

Tout débute dans l’entre-deux guerres. Quand deux femmes d’une petite trentaine d’années, Marinette Guy, une jeune Lyonnaise, et Juliette Vidal, une jeune Stéphanoise fille de médecin, toutes deux catholiques pieuses et impliquées, fondent l’Aide aux mères, une structure d’accueil et de prise en charge de mères en difficultés et de leurs enfants. Tout se passe à Saint-Etienne. Ce dispensaire va devenir d’un des rouages de  la résistance locale, l’un des foyers de mise en sécurité de nombreux enfants juifs notamment, réfugiés en zone libre. Parents et enfants sont alors placés dans des familles dans la région stéphanoise, en concertation avec l’association juive OSE qui intervient en faveur des enfants qui nécessitent d’être cachés et mis en sécurité. Marinette et Juliette n’hésiteront pas également à se lancer dans la production de faux papiers pour les mères et leurs enfants, tout comme pour les groupes de résistants éparpillés dans les collines ligériennes.

De Saint-Etienne à Chamonix

A partir de 1942, raconte Christine Guy-Vidal (qui a épousé Pierre Guy Vidal, le fils adopté par les deux jeunes femmes Marinette et Juliette après la guerre), des enfants sont transférés à Chamonix, dans un ancien baraquement d’EDF qui va faire office de colonie de vacances. Un lieu où les enfants parviennent, bon an mal an, à oublier la guerre et à vivre une vie presque normale. « Ils allaient se promener, ils faisaient des concours de ceux qui ramassaient le plus de myrtilles, ils lisaient par terre sur le trottoir. Et puis ils chantaient pour les fêtes, aussi bien à Noël que pour toutes les fêtes juives. » Au total, ce sont pas loin de 200 personnes qui ont pu être sauvées. Dont une cinquantaine qui ont pu passer en Suisse. A l’issue de la guerre, Marinette et Juliette retournent créer à Saint-Etienne une maison de famille pour accueillir, toujours en partenariat avec OSE, des enfants juifs dont les parents sont morts dans les camps d’extermination.

Reconnues Justes parmi les nations

Deux ans plus tard, elles prennent la direction du sud et s’établissent à Nice où Pierre, leur fils adoptif, grandit dans une ambiance pacifiée. Juliette Vidal et Marinette Guy vont être reconnues "Justes parmi les nations" par l’État d'Israël à la fin des années 60, à la demande de leurs protégés désormais installés en Israël. Elles seront accueillies avec les honneurs à Tel Aviv, alors qu’elles étaient restées on ne peut plus discrètes auprès des leurs sur leur engagement pendant la guerre. Depuis de nombreuses années, Christine Guy-Vidal et son mari Pierre, le fils adoptif des deux jeunes femmes Marinette et Juliette, habitent aujourd’hui dans un chalet situé au hameau des Bois, à Chamonix (Haute-Savoie). Un chalet qui avait été offert aux deux femmes, bien après la guerre, par certains ex-protégés qui avaient décidé de se cotiser pour ce cadeau mémoriel.

Tout débute dans l’entre-deux guerres. Quand deux femmes d’une petite trentaine d’années, Marinette Guy, une jeune Lyonnaise, et Juliette Vidal, une jeune Stéphanoise fille de médecin, toutes deux catholiques pieuses et impliquées, fondent l’Aide aux mères, une structure d’accueil et de prise en charge de mères en difficultés et de leurs enfants. Tout se passe à Saint-Etienne. Ce dispensaire va devenir d’un des rouages de  la résistance locale, l’un des foyers de mise en sécurité de nombreux enfants juifs notamment, réfugiés en zone libre. Parents et enfants sont alors placés dans des familles dans la région stéphanoise, en concertation avec l’association juive OSE qui intervient en faveur des enfants qui nécessitent d’être cachés et mis en sécurité. Marinette et Juliette n’hésiteront pas également à se lancer dans la production de faux papiers pour les mères et leurs enfants, tout comme pour les groupes de résistants éparpillés dans les collines ligériennes.

Daniel Pajonk