Sarraltroff : connaissiez-vous Antoine Corriger, Juste parmi les Nations ?

Du 26/02/2019

 

 

 

 

Antoine Corriger, curé de Chaumontel né à Sarraltroff, a caché 15 juifs dans les locaux de sa paroisse pendant l’occupation. DR

L’abbé Antoine Corriger est né à Sarraltroff, le 21 novembre 1884. Son père, garde forestier, partit avec sa famille pour la région parisienne, alors qu’il ne parlait pas du tout le français, parce qu’il refusait l’annexion allemande de la Lorraine par Bismarck.

Le jeune Antoine fut éduqué dans une atmosphère de foi chrétienne intense. Dès qu’il le put, il retourna s’imprégner de ses racines lorraines proches des courants du catholicisme social. Il affectionnait particulièrement le couvent de Saint-Jean-de-Bassel des Sœurs de la Divine Providence, congrégation religieuse fondée en Lorraine par le Père Moye.

Devenu prêtre, Antoine Corriger fut, pendant 40 ans, curé du village de Chaumontel (Val d’Oise).

Sous l’occupation, l’abbé Corriger a caché, pendant 4 ans, à quelques mètres de la Kommandantur locale, quinze juifs, dont neuf enfants. Pour ne pas éveiller les soupçons, il cachait ses protégés en alternance dans le presbytère et sous l’estrade du théâtre de la salle paroissiale. Il les nourrissait discrètement, en cultivant son potager, en ramassant les châtaignes dans la forêt. Le jour, il dispersait les enfants dans des fermes de paroissiens de confiance, en racontant de pieux mensonges.

Les gens qui l’ont connu après la guerre ignoraient tous son activité de sauvetage. Il ne l’a révélée qu’aux membres de sa famille, qu’il allait voir périodiquement à Sarraltroff. Antoine Corriger est mort le 25 décembre 1967, à Groslay.

En 2007 une démarche de mémoire a été entreprise par Simon et Gisèle Picovschi, qui ont fait partie des neuf enfants cachés. Bertrand Kugler, adjoint au maire de Sarraltroff de l’époque et d’autres intervenants ont rassemblé témoignages et éléments biographiques. Un hommage officiel lui a été rendu à Chaumontel par les autorités civiles et religieuses, le 8 mai 2009 : une plaque souvenir est posée sur sa tombe et une autre sur la maison paroissiale où il cacha ses protégés pendant quatre ans.

Le 16 octobre 2011, à la mairie de Sarraltroff, la médaille des Justes parmi les Nations a été remise aux ayants droit de l’abbé Antoine Corriger.