Dossier n°13259 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 2016

Lucien Leconte

Année de nomination : 2016
Date de naissance : //
Date de décés : 25/07/1944
Profession : Révérend

Localisation Ville : Tinchebray (61800)
Département : Orne
Région : Normandie

L'histoire

Solomon Brézis est originaire de Ploiesti en Roumanie. Il a émigré en France dans les années 1930. Il exerce le métier de fourreur. En 1943, il se réfugie avec sa famille dans le village de Riom-ès-Montagnes en Auvergne. Au printemps 1944, il est arrêté avec ses deux beaux-frères, Marcel-Moïse et Izi Blanar. Ils sont envoyés en Normandie pour travailler au renforcement du mur de l’Atlantique. Ils échappent à une exécution sommaire. Le Débarquement allié se déroule le 6 juin 1944 et la bataille de Normandie commence. Les Allemands décident d’envoyer leurs prisonniers en Allemagne. Solomon, Marcel et Izi réussissent à s’échapper.
Le 22 juin 1944, à Tinchebray, au cœur du bocage ornais, ils croisent le chemin du Père Lucien Leconte qui leur ouvre les portes. Le Très Révérend Père Lucien Leconte était né en 1882. Il dirige l’institution Sainte-Marie à Tinchebray. Depuis le début de la guerre, avec l’aide des Pères Prével et Fauvel, il cache des aviateurs alliés, fait évader des prisonniers en zone libre, camoufle des réfractaires.
Ce sont cinq Juifs évadés que le Père Lucien Leconte va sauver d’une mort certaine et qui se retrouvent jardiniers et ouvriers agricoles chez les Pères de l’institution Sainte-Marie. Il leur assure gîte, couvert et la protection d’une nouvelle identité. Durant deux jours, les Juifs doivent se cacher dans le grenier à foin, puis se terrent dans la crypte de la chapelle. Le 13 juillet 1944, ils échappent par miracle à une descente des Allemands persuadés que des Juifs y sont cachés et qui fouillent de fond en comble la maison.
Le Père Lucien Leconte part se faire opérer à Paris, où il meurt le 25 juillet. Son adjoint, le Père Fernand Prével continue à s’occuper des trois clandestins, qui quittent Tinchebray, sains et saufs, le 7 août.
En 1949, les restes du Père Leconte, enterré à Paris, sont transférés à Tinchebray. Le 15 septembre 1949, la prière du Kaddish est récitée sur la tombe du prêtre par ceux qu’il a sauvés, Solomon Brézis, Marcel-Moïse et Izi Blanar .Ils font aussi apposer dans la chapelle une plaque en l’honneur de leurs sauveurs. Solomon Brézis a gardé des liens très forts avec le Père Prével jusqu’à sa mort en 1962.

Le 5 septembre 2016, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations au Père Lucien Leconte et au Père Fernand Prével.

Plaque commémorative

Plaque commémorative

Documents annexes

Invitation cérémonie Invitation cérémonie
3 janvier 2019 16:19:44

Articles annexes